jeudi 3 août 2017

Transfert: la France attend Neymar, l'Espagne gronde

mediaLe président de la Liga espagnole (LFP) Javier Tebas, à Singapour, le 23 mars 2017AFP/Archives
La France attend avec impatience Neymar, qui doit signer sous peu au PSG pour faire entrer le club et la Ligue 1 dans une nouvelle dimension. Un transfert du siècle que la Ligue espagnole tente de ralentir.
Attendu d'abord jeudi, l'attaquant brésilien devrait finalement atterrir à Paris vendredi, a appris l'AFP de sources aéroportuaires. Il pourrait être présenté vendredi et/ou samedi à la presse et aux supporters du PSG, selon les médias.
Transfert du siècle, car il fait plus que doubler le record actuel des 105 millions d'euros, hors bonus, dépensés à l'été 2016 pour le transfert de Paul Pogba de la Juventus Turin à Manchester United. Neymar, 3e au Ballon d'Or 2015, est considéré comme le joueur au plus grand potentiel sportif et marketing du monde.
Le feuilleton qui dure depuis la mi-juillet semble sur le point d'aboutir, surtout depuis que le joueur a fait ses adieux à ses coéquipiers du FC Barcelone et que son conseiller, Wagner Ribeiro, a affirmé que la clause libératoire des 222 millions allait être réglée et que le joueur serait présenté à Paris "sans doute en fin de semaine".
La France attend le prodige brésilien. Même Emmanuel Macron a salué son arrivée imminente: "C'est l'attractivité. Oui, c'est une bonne nouvelle", a dit le président de la République en visite sur la base de loisirs des Boucles de la Seine à Moisson (Yvelines), en compagnie de... Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG.
Le gouvernement se frotte les mains. Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin s'est réjoui à la perspective des "impôts" que Neymar "va pouvoir payer en France", jeudi sur France Inter, sans donner de montant sur les revenus fiscaux attendus par l'Etat.
- La Liga freine -
Côté sportif, Jean-Michel Aulas, patron de l'Olympique lyonnais, membre du comité exécutif de la Fédération (FFF) et un des hommes les plus influents du foot français, a félicité sur Twitter son homologue parisien "pour la réalisation de cette opération unique dans le monde", tout en se disant "très impatient de connaître le cout réel de l'opération".
"Même si l'arrivée de Neymar suscite des questions sur le coût réel, on félicite tous le PSG de +Nasser+. une immense opération de notoriété pour la L1", s'est-il félicité.
Mais un coup de théâtre est intervenu jeudi matin. "Nous pouvons confirmer que les représentants légaux du joueur se sont présentés à la Ligue pour y déposer (la somme de) la clause, qui a été rejetée", a affirmé un porte-parole de l'entité du football professionnel espagnol. Dans la procédure habituelle, c'est elle qui est censée recevoir les 222 millions d'euros pour les reverser ensuite au club qui libère son joueur, le Barça en l'occurrence.
Le président de la Liga, Javier Tebas, était monté au créneau ces derniers jours pour s'emporter contre le "dopage financier" dont bénéficierait le PSG grâce à son propriétaire, un fonds souverain du Qatar, annonçant son intention de saisir les autorités politiques (Union européenne) et sportives (UEFA).
"Par nos actions, nous n'avons pas l'objectif d'empêcher le transfert. Nos actions sont faites pour empêcher qu'on utilise la Liga comme un mécanisme pour une fin illicite", a-t-il précisé dans L'Equipe de jeudi.
La presse espagnole se montrait amère et sans pitié jeudi à l'encontre de l'attaquant brésilien. Neymar "s'en va pour l'argent. Seulement pour l'argent", a déploré, Sport, journal qui se consacre au Barça, dont la Une est barrée d'un énorme "Hasta nunca!" (A jamais!).
- PSG muet -
L'UEFA a pour sa part affirmé à l'AFP qu'elle étudierait les détails du transfert pour s'assurer que cela soit fait en accord avec le cadre du fair-play financier.
L'arrivée de Neymar au Barça, en 2013, en provenance de Santos (club mythique de Pelé), avait déjà versé dans la polémique. Son transfert, dont le montant définitif n'est toujours pas clair, a fait l'objet de plusieurs enquêtes judiciaires.
Le club espagnol a été condamné pour avoir camouflé au fisc une partie des coûts de la transaction. Il doit affronter prochainement un nouveau procès pour escroquerie et corruption entre particuliers, durant lequel seront également jugés Neymar et son père, Neymar Sr.
Reste également une histoire de prime à régler: le Barça a gelé auprès d'un notaire une somme de 26 millions d'euros qui devait revenir au clan Neymar cet été aux termes de la prolongation de contrat signée l'année dernière, jusqu'en... 2021.
Le PSG est, pour sa part, resté muet. Il s'est contenté de sous-entendus jeudi. Quand le latéral parisien Thomas Meunier a tweeté "Bon alors... ce scoop", le PSG lui a répondu avec le même symbole, puis en écrivant: "On attend encore un peu ?", avec le symbole d'un sablier accompagné de la mention "soon" (bientôt, en anglais).

1 commentaire: